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Bio4Africa veut aider les agriculteurs africains grâce à la biomasse résiduelle

Bio4Africa : diversifier les revenus des agriculteurs grâce à la biomasse résiduelle.

Un consortium réunissant 25 partenaires dans le projet Bio4Africa vise à valoriser les déchets agricoles. Transformés à l’aide de sept procédés adaptés aux conditions et besoins locaux, ces déchets deviennent des aliments pour animaux, de l’engrais ou encore des dépolluants. Les technologies sont testées en conditions réelles au sein de quatre pays d’Afrique. L’objectif : proposer ces techniques aux populations pour favoriser un développement rural inclusif.

Utiliser les déchets agricoles pour diversifier les revenus des agricultrices et agriculteurs en Afrique. Telle est l’ambition poursuivie par un consortium international au sein du projet Bio4Africa depuis juin 2021.

Intégrés dans une logique d’économie circulaire, les déchets agricoles – ou biomasse résiduelle – sont une vraie mine d’or. Ils peuvent être transformés en aliments pour animaux, engrais, absorbants de polluants, combustible pour la cuisson ou encore emballages.

Au total, sept procédés de transformation sont mis en œuvre au sein de quatre zones pilotes en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Ouganda et au Sénégal. Il s’agit de la bioraffinerie verte, la pyrolyse, la carbonisation hydrothermale, le briquetage, la granulation, les biocomposites et les bioplastiques. Ces technologies biosourcées simples, adaptées à la biomasse résiduelle, aux besoins et contextes locaux sont testées en conditions réelles auprès de 300 agriculteurs et groupements d’agriculteurs de toutes tailles.

En Afrique rurale, la bioéconomie est une réelle opportunité pour lutter contre la sous-alimentation qui touche près de 20 % de la population, tout en favorisant un développement rural inclusif. Le projet Bio4Africa vise à transférer des technologies adaptées et peu couteuses aux instituts académiques locaux. « Nous allons travailler sur le développement d’un marché local pour permettre aux communautés de s’accaparer les outils, précise Jean-Michel Commandré, coordinateur du projet et directeur de l’unité BioWooEB du Cirad. L’enjeu est de faire perdurer ce marché une fois le projet terminé ».

Dès mars 2022, une première technologie va être testée en Ouganda, puis au Ghana. Il s’agit d’une unité de bioraffinerie verte développée par la société Grassa.

En pratique, les agriculteurs locaux vont fournir de la biomasse résiduelle issue de la culture de légumineuses : luzerne, manioc ou encore pois mascate. Transformés en tourteaux, ils constituent un aliment de choix pour le bétail ! « Ces aliments très riches en protéines permettent de diversifier l’alimentation du bétail, souligne Patrick Rousset, chercheur au Cirad et responsable des technologies pour Bio4Africa. Détaillés en granulés, ils sont facilement stockables et constituent un aliment utile aux éleveurs nomades du Ghana ».

De la taille d’un conteneur, l’unité est conçue pour être facilement déplaçable au plus près des agriculteurs à l’aide d’un camion plateau.

À terme, le consortium ambitionne une capacité de production d’une tonne de biomasse résiduelle par heure. La production pourra être soumise à la disponibilité de la biomasse résiduelle, et donc à la saisonnalité des cultures.

Autre exemple de procédé de valorisation : la pyrolyse. Chauffée à haute température sans oxygène, la biomasse résiduelle est transformée en charbon. Il est utilisé comme support énergétique pour la cuisson, amendement en agriculture sous forme de biochar ou même dépolluant.

En Côte d’Ivoire, l’un des objectifs est de mettre en place des systèmes de filtration d’eau utilisant le charbon actif. Équipées de pompes solaires, les unités de filtration à l’essai devraient permettre d’alimenter deux villages en zone rurale non alimentés en eau potable. « Traditionnellement, le charbon est fabriqué à partir de bois en Afrique, ajoute Jean-Michel Commandré. L’originalité de notre procédé, développé en partenariat avec l’Universidade Federal de Viçosa au Brésil, repose sur l’utilisation de résidus agricoles ».

Huit coopératives de cultivatrices vont fournir des coques de noix d’anacarde et de graine de palme pour tester la technologie.

CIRAD

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