AgriMaghreb AgriMaroc AgriAlgerie AgriTunisie
Accueil / Actualités / Actu' en Afrique de l'Ouest / Actu Mali / Sahel : L’agriculture doit être au cœur du développement
Village au Burkina Faso - ph : DR
Village au Burkina Faso - ph : DR

Sahel : L’agriculture doit être au cœur du développement

Quels priorités ? Au Burkina l’agriculture emploie 80% de la population mais l’Etat ne consacre que 10% de son budget.

L’agriculture ne semble pas être une priorité de plusieurs Etats africains. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Au Burkina Faso, l’Etat consacre à peine 10 % de son budget à ce secteur qui emploie pourtant 80 % de la population.

Edgard Pisani, qui avait une grande maîtrise de l’agriculture africaine à écrit en 1988, que ce qui a causé le plus de tort à l’Afrique au cours de son histoire, c’est l’abandon et le mépris qu’elle a eu face à ses paysans. Ignorer les paysans, c’est créer toutes sortes de déséquilibres alimentaires, économiques, sécuritaires, financiers, sociaux et écologiques.

Depuis l’automne 2019, de violentes attaques djihadistes et terroristes minent le Burkina Faso. On assiste à la migration massive des villageois, 1.5 millions de personnes, majoritairement des femmes et des enfants, ont trouvé refuge dans les villes. Il faut savoir que la pauvreté alimente le Djihad.

En plus de ça, l’Afrique subit le dérèglement climatique alors qu’elle n’émet que 4 % des gaz à effet de serre de la planète. Ce qui pénalise lourdement les récoltes.

Dans le Sahel, la faiblesse du rendement des cultures ne permet pas de répondre aux besoins alimentaires des paysans. Lorsqu’elles existent, les cantines scolaires sont approvisionnées par le Programme alimentaire mondial (PAM). Les jeunes tirent leur subsistance dans le travail d’orpaillage.

Pourtant, l’Afrique est capable de nourrir elle-même sa population, pour peu qu’on lui apporte de l’aide. Il lui faudrait en effet bénéficier d’un énorme apport financier afin de lui permettre de développer son savoir-faire.

Au Burkina Faso par exemple, les meilleures techniques adaptées au milieu sont vulgarisées dans les centres agroécologiques. La ferme pilote de Guiè et le réseau Terre verte s’appliquent à la restauration des terres dégradées. La ferme a mis sur pied le concept du bocage sahélien qui emploie les haies vives pour fertiliser les cultures. Elle utilise des cordons pierreux pour limiter le ruissellement et la technique culturale traditionnelle du zaï, améliorée grâce au compostage permet une nette amélioration des rendements des cultures.

“Il faudrait donner aux jeunes des perspectives d’avenir dans leur village afin de limiter les tentatives d’émigration vers l’Europe, au gré de leur vie.”

De son côté, l’association Solibam de Château-Gontier (Mayenne) en partenariat avec le Burkina depuis 2009, continue de soutenir l’agriculture et la formation agricole dans la commune de Kongoussi. Les cultivateurs ont ainsi pu augmenter leur production et parviennent à nourrir puis à scolariser leurs enfants, d’après les témoignages recueillis.

Le maire de l’une des communes du Burkina s’est exprimé en soulignant que selon lui, la jeunesse représentait la clé de la réussite. Pour lui, la meilleure façon de les empêcher de répondre à l’appel des djihadistes, c’était de leur offrir un moyen de résister. Et cela passe par une formation professionnelle, mais aussi par la connaissance et le respect de leurs propres traditions a-t-il ajouté. Il faudrait donner aux jeunes des perspectives d’avenir dans leur village afin de limiter les tentatives d’émigration vers l’Europe, au gré de leur vie.

Regardez aussi

La Côte d’Ivoire ouvre ses stands au Salon international de l’agriculture de Paris 2022

Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Kobenan Kouassi Adjoumani ouvre des stands dédiés …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.